Loin | de | Leh        [2015]

 

Loin de Leh est une méditation mélancolique sur le divin, le temps, le voyage et la solitude de l’âme. En passant par des paysages enneigés brumeux, des montagnes arides et des villes isolées - images intemporelles de milieux désolés- les deux narrateurs inconnus errent à travers  un réseau complexe de souvenirs en mutation et d’expériences de vie entre Leh et la France, il devient parfois difficile d’identifier ce qui est réel et ce qui est mémoire. Il s’agit de présenter au public une forme alternative de documentaire, construite sur un terreau affectif et émotionnel.

 

Loin de Leh est un court-métrage documentaire d’une durée de 5 minutes et vingt secondes. Il a été coréalisé avec Namratha Thomas. Le métrage a été tourné par les deux réalisateurs en Inde, en Australie et en France, dans le cadre de leurs journaux filmés respectifs. Le film a été entièrement tourné sur support numérique.  Les deux voix des réalisateurs exposent des événements passés, des humeurs, ou tentent d’imaginer un futur imminent.

 

 Le métrage a été collecté sur une durée de trois années, dans les lieux où les réalisateurs ont vécu et voyagé. A l’origine le métrage n’était pas tourné  dans l’objectif d’en faire un film, mais simplement pour garder une trace du passé.  Après leur relocalisation en France, éloignés des lieux de leurs souvenirs, les réalisateurs décident d’utiliser ce matériau pour réinvestir leurs nostalgies. L’écriture des voix-offs prend appui sur les images collectées, pour créer deux trames distinctes qui s’unissent au terme du film.

 

Loin de Leh, est une réflexion sur la mémoire et sa labilité. C’est une tentative de fixer des événements vécus, en mutation, sur un support. En quelque sorte, il s’agit d’arrêter le processus de transformation des souvenirs à un moment arbitraire. Des événements partagés par les deux réalisateurs, qui au fil du temps s’érodent, se désagrègent, sont comme transfigurés. Lors du visionnage du film, le spectateur se demande peut-être si tout cela a bien eu lieu. Le contenu qui nous est délivré par les voix-offs est il réel ou fictif ?

 

La conception du film a été grandement influencée par le travail de Aleksandr Sokurov et plus particulièrement son film Elégie de la traversée (2001) dont la fragilité des images et le registre élégiaque m’accompagnent toujours aujourd’hui.

 

 

 

© tristan soreau, 2015 |

soreau.tristan@gmail.com |

+33(0)6 85 85 55 45